« Chers partenaires, chères associations, chers élus et représentants de l’Etat, et surtout chères femmes. C’est avec une grande émotion que je prends la parole aujourdhui au nom du CIDFF du Finistère pour l’ouverture de cette maison des femmes ici au cœur du CHU de Brest. Pour le CIDFF 29, cette journée a une résonance particulière. Depuis de nombreuses années, nous accueillons, écoutons, informons, accompagnons des femmes qui souvent arrivent chez nous après un parcours difficile parfois long, parfois marqué par la peur, l’isolement ou le sentiment de ne pas savoir vers qui se tourner. Une des choses essentielles que l’on comprend aujourd’hui et que l’emprise brise non seulement la confiance en soi mais obscurcit l’espace mental, empêche la pensée et rend la prise d’initiative inaccessible. En ce sens le fait que la maison des femmes soit installée au sein du CHU de Brest est pour nous particulièrement fort Parce que l’hôpital est souvent l’un des premiers endroits où une femme peut être vue, entendue et soignée. Une consultation, une hospitalisation, une rencontre avec une sage-femme, une médecin, une infirmière peuvent être le moment protégé où l’on peut enfin dire à voix haute, ce que je vis, ce que vous vivez, n’est pas normal. A cet instant le rôle de la santé ne peut plus sarrêter aux soins : il faut pouvoir passer le relais et ce relais c’est aussi nous les associations du Finistère. Celle qui travaille sur laccès aux droits et laccompagnement juridique comme le CIDFF mais aussi celle qui accueille et accompagne spécifiquement les femmes victimes de violences. Celle qui offre une mise à l’abri et un hébergement lorsque le danger s’impose. Celle qui intervienne auprès des enfants et des familles Celle qui accompagne la santé psychologique, linsertion, le logement, le retour à lautonomie Le CIDFF du Finistère est lune de ses forces associatives Nos juristes et nos psychologues apportent leur expertise sur laccès aux droits, la promotion de l’égalité H/F et la prévention les violences intrafamiliales. Acteur reconnu, nous avons aussi la responsabilité des suivis des téléphones graves danger en collaboration avec les procureurs de Brest et Quimper. Notre accompagnement est anonyme et gratuit ouvert à tous et toutes. C’est notre grande fierté mais nous savons aussi nous ne pouvons pas tout faire et cest précisément pour cela que nous sommes ici aujourd’hui : cette maison des femmes doit être une maison de la coopération une maison où le professionnel de santé sait vers qui orienter et où l’association sait comment prendre le relais un endroit où les institutions facilitent les parcours et surtout un endroit où une femme n’a plus à raconter 10 fois son histoire avant de trouver une bonne réponse. Je crois que notre responsabilité collective est là : faire en sorte que la première porte qu’une femme pousse soit aussi le début d’un véritable parcours de reconstruction. C’est une ambition que nous partageons aujourdhui ensemble avec le CHU, les associations, les institutions et les professionnels du Finistère. Merci »